Vie associative
Vers la célébration du centenaire
de l’Amicale d’André Grénard Matsoua
À un mois de la célébration du centenaire de l’Amicale créée le 17 juillet 1926, à Paris, en France, par André Grénard Matsoua, les responsables de cette organisation dirigée aujourd’hui par Mfumu Malanda Mandébéka, connu à l’Etat-civil sous le nom de Clément Marot Vincent de Paul Malanda, sont dans les préparatifs. Dans un entretien à la rédaction de L’Horizon Africain, le secrétaire général, Gervely Verhoyes Nganga, et le chargé de communication, Hospice Laurent Mabanza, ont présenté les grandes articulations du programme commémoratif prévu du 17 au 19 juillet 2026, à Brazzaville, tout en rappelant la portée historique de l’œuvre du résistant André Grénard Matsoua, un des précurseurs de la lutte pour l’indépendance de la République du Congo, mort dans des conditions suspectes, le 13 janvier 1942, dans la prison de Mayama, à l’âge de 43 ans.
Aujourd’hui, l’Amicale a son siège au numéro 94 de la Rue Alexandrie, à Bacongo, le deuxième arrondissement de Brazzaville. Pour le secrétaire général de l’association, Gervely Verhoyes Nganga, la célébration du centenaire de l’Amicale revêt une dimension particulière. Elle marque non seulement un siècle d’existence, mais aussi la pérennité d’un héritage transmis de génération en génération. «Si une telle initiative a réussi à résister pendant cent ans, c’est qu’il y a quelque chose de plus grand que le simple aspect matériel. Nous voulons que cette Amicale continue à exister même après nous. Nous ne voulons pas gaspiller ce qui a été construit au prix de sacrifices et de nombreuses vies», a-t-il déclaré.

Trois journées pour célébrer un siècle d’existence
Les activités commémoratives se dérouleront du 17 au 19 juillet prochain. La première journée sera consacrée à une marche pacifique sur l’Avenue Matsoua, à Bacongo. Selon les organisateurs, ce parcours symbolique d’environ cinq cents mètres vise à rendre hommage à André Grénard Matsoua, dans l’esprit des manifestations autrefois organisées par ses partisans.

La deuxième journée sera marquée par un symposium réunissant chercheurs, intellectuels, représentants de la société civile et grand public. Les échanges porteront sur la vie, l’œuvre et l’héritage de Matsoua. Des communications scientifiques, des représentations théâtrales ainsi que des animations artistiques sont également prévues, afin de mettre en lumière la civilisation et les traditions congolaises.
La troisième et dernière journée sera consacrée aux expressions culturelles traditionnelles. Tam-tams, chants, danses et spectacles inspirés du patrimoine culturel congolais rythmeront cette clôture placée sous le signe de la mémoire et de la transmission.

Un appel à la mobilisation nationale et internationale
Pour Hospice Laurent Mabanza, la célébration du centenaire de l’Amicale dépasse largement le cadre de l’organisation. «Cent ans, c’est beaucoup. C’est un moment important non seulement pour l’Amicale, mais aussi pour l’histoire et la mémoire de la République du Congo et de l’Afrique», a-t-il souligné. Il a rappelé qu’André Grénard Matsoua ne s’était pas seulement engagé pour la défense des intérêts des Congolais, mais également pour les idéaux de liberté, de justice et d’égalité entre les peuples. À son époque, l’Amicale regroupait des ressortissants de l’A.e.f (Afrique équatoriale française) et de l’A.o.f (Afrique occidentale française), donnant ainsi à son combat une dimension panafricaine.
À travers cette commémoration, les responsables de l’organisation lancent un appel à l’ensemble des citoyens, aux entreprises, aux institutions publiques ainsi qu’aux partenaires internationaux, afin qu’ils apportent leur soutien à cet événement. L’ambition affichée est de faire de ce centenaire un rendez-vous historique, en hommage à André Grénard Matsoua et à l’Amicale qui a porté son combat pendant un siècle.
Roland KOULOUNGOU
Vie d’André Grénard Matsoua









