Isidore Mvouba, président de l’assemblée nationale
L’élection présidentielle «n’est ni le moment de nourrir la haine tribale, ni l’occasion d’attiser les tensions»
Dans son allocution d’ouverture de la onzième session ordinaire administrative, dimanche 1er février 2026, au Palais du parlement, à Brazzaville, le président de l’assemblée nationale, Isidore Mvouba, a consacré une part importante à l’élection présidentielle de mars 2026. S’il ne fait pas mystère de son choix pour le Président Denis Sassou-Nguesso, pour des raisons qu’il évoque, il insiste, à la suite des incidents de Mindouli, dans le Département Pool, sur la nécessité de préserver la paix. Du haut du perchoir et de toute son énergie, il dit «non, non et trois fois non» à tous «ceux de nos compatriotes boutefeux qui adorent voir le pays qu’ils prétendent aimer et servir, être à feu et à sang». Extraits sur l’élection présidentielle et l’incident de Mindouli !
Election présidentielle
«Nous voici à quelques jours d’une échéance majeure sinon capitale, qui est attendue par les Congolaises et les Congolais. Il s’agit de l’élection du Président de la République. Conformément à la Constitution et aux lois de la République, le corps électoral est d’ores et déjà convoqué. C’est le rendez-vous de la République avec son Histoire, Histoire avec un grand H. Ce rendez-vous constitutionnel appelle responsabilité, maturité politique et respect scrupuleux des règles républicaines. Comme le disait Nelson Mandela, je cite: «La démocratie ne consiste pas seulement à voter, mais à vivre dans la dignité», fin de citation. L’élection présidentielle est un moment d’expression souveraine du peuple qui ne saurait être un prétexte à la division ou à la remise en cause de la paix. La compétition politique doit demeurer une confrontation d’idées, jamais un affrontement des personnes. Ce n’est ni le moment de nourrir la haine tribale, ni l’occasion d’attiser les tensions. Cette élection devra se tenir sur l’ensemble du territoire national, sans exclusion. Dans tous les cas, c’est le souhait de la grande majorité des Congolaises et Congolais qui se délectent de la paix» (…)
«Ce rendez-vous démocratique fondamental n’est pas une simple date sur un calendrier électoral. C’est un miroir. Un miroir de notre maturité démocratique. Un miroir de notre capacité collective d’organiser cette compétition politique dans la paix; c’est ce que nous allons faire. Il s’agit de choisir un Homme, choisir une direction, mais surtout un cap. Au jour de ce grand choix, le peuple ne se contentera pas de voter, il inscrira sa volonté dans l’histoire, et j’espère, sans violence, sans tumulte, mais avec la force tranquille de la souveraineté assumée. En ces temps d’effervescence, les marchands d’illusions se multiplient, distribuant des promesses, des miracles, comme on sème le vent. Mais, le choix du peuple ne saurait se nourrir d’artifices. Il devra se porter vers celui qui s’engage à marcher à ses côtés, à bâtir avec lui un Congo où la paix n’est pas un mot de circonstance, mais un chemin exigeant, où l’espérance se vit chaque jour. Celui là-même qui ne fléchira pas chaque fois que la sécurité de son peuple sera menacée. Denis Sassou-Nguesso incarne l’espérance d’un Congo capable de bâtir son avenir avec courage, loin des promesses faciles et des illusions éphémères».

«A quelques semaines de ce moment décisif, la responsabilité de l’assemblée nationale est immense. Responsabilité, direz-vous? Oui, responsabilité, non comme un mot, mais comme une exigence, parce qu’elle éclaire les décisions, apaise les tensions et consolide les fondements de la cohésion nationale. A l’approche de cette élection présidentielle, la République entre dans une zone de vérité. Notre pays est ainsi à la croisée des chemins. Mais, au milieu de ce bruissement, une question demeure. Que faisons-nous quand l’essentiel est en jeu? Le peuple congolais, dans sa grande majorité qui a demandé avec insistance que Denis Sassou Nguesso fasse preuve de candidature, a la bonne réponse à cette question, j’en suis sûr. Parce que l’essentiel, c’est la paix, la stabilité de nos institutions, la continuité heureuse de l’Etat, la sérénité et le bien-être des congolais. L’assemblée nationale veillera, aux côtés de ceux qui encadrent et garantissent les règles du jeu, pour que cette compétition politique ne soit pas une menace pour la concorde nationale, mais une richesse pour notre démocratie. A l’heure où certains cherchent à opposer ou à diviser, nous disons avec force que le Congo est un et indivisible».
Incident de Mindouli
«Les récentes secousses sécuritaires observées dans les départements du Pool et du Djoué-Léfini, nous rappellent avec gravité une vérité, que le Président Denis Sassou-Nguesso résume sans détour: «La paix, dit-il, est une quête permanente». Fort heureusement, le souffle de l’accalmie, pour ne pas dire la paix, parcourt désormais ces deux départements. Je tiens à souligner que la République ouvre ses portes à tous, mais elle ne négocie pas ses lois. Il ne devrait plus avoir, sur l’ensemble du territoire national, des zones de non droit. Soyons à la hauteur de la confiance du peuple qui nous invite au travail fécond, au dialogue apaisé et à la consolidation de la démocratie».
«La présente session s’ouvre, et vous l’avez compris, au lendemain des derniers événements survenus dans les Départements du Pool et du Djoué-Léfini. La bêtise humaine a failli l’emporter sur la raison, n’eût été l’intervention de l’Apôtre de la paix, Denis Sassou-Nguesso. La paix est bien au-dessus de nos différends, comme aime à le dire le Président Denis Sassou Nguesso. Pour tout dire, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Denis Sassou-Nguesso, Chef de l’Etat, vient de nous rappeler, au travers d’une piqûre de rappel, que la chienlit n’a pas de place au Congo, au Congo d’aujourd’hui et au Congo de demain. La paix, acquise au prix de moult sacrifices des Congolais, est le seul moyen d’aller au développement. Nous devons y veiller comme à la prunelle de nos yeux».









