À l’occasion de la Journée internationale des victimes de disparition forcée, célébrée le 30 août de chaque année, le C.a.d (Centre d’actions pour le développement) a annoncé le dépôt officiel d’une plainte avec constitution de partie civile au T.g.i (Tribunal de grande instance) de Brazzaville. Cette plainte, qui vise un colonel major et deux adjudants, porte sur les faits de disparitions forcées, torture, arrestations arbitraires, détention illégale, séquestration, violences physiques et psychologiques, obstruction à la justice et dissimulation de preuves.
La plainte déposée par le C.a.d contre un responsable et deux agents de police fait suite à la disparition inexpliquée de personnes interpellées dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat, le 12 août 2024, à Talangaï, le sixième arrondissement de Brazzaville, de Van-Bauer Ibara, étudiant en master à la Faculté de droit de l’Université Marien Ngouabi. Plusieurs jeunes avaient été interpellés par la police après le meurtre de cet étudiant. Des photos officielles de ceux qui étaient en détention au Commandement territorial des forces de police de Brazzaville ont été publiées sur les réseaux sociaux. L’affaire a été jugée lors de la session criminelle de la Cour d’appel de Brazzaville, ouverte le 23 octobre 2024.
Mais, sur les six jeunes identifiés en détention, deux ont été jugés et condamnés: Okolo Brice et Kiba Jorly. Les quatre autres, dont Ngokaba Klem et Ibara Jourdin, n’ont pas été revus depuis lors et sont considérés comme victimes de disparition forcée. Des faits graves, restés sans réponse. Malgré plusieurs interpellations formelles adressées à différentes autorités, aucune suite concrète n’a été donnée.
L’arrêt de la Cour criminelle du 25 octobre 2024 mentionne clairement l’absence de quelques inculpés pendant la session criminelle d’octobre 2024. Les avocats ont demandé leur recherche et comparution. Sans succès. Si ces jeunes disparus sont innocents, où sont-ils? S’ils sont coupables, pourquoi n’ont-ils pas comparu? Ces disparitions forcées soulèvent de sérieuses préoccupations quant au respect des obligations nationales et internationales de l’État et appellent à des mesures urgentes pour établir le sort de ces personnes, garantir leur protection et assurer que les responsables rendent compte de leurs actes.
Ces disparitions ne sont pas un fait isolé. Plusieurs affaires documentées par des organisations nationales et internationales épinglent une pratique persistante marquée par l’impunité et le silence. Des familles entières vivent dans l’angoisse et l’incertitude, sans information sur le sort de leurs proches. Profondément engagé contre cette pratique cruelle, depuis 2022, le C.a.d mène une campagne en vue de la ratification, par le gouvernement congolais, de la convention des Nations unies contre les disparitions forcées. Car, l’impunité dont jouissent les auteurs est un traumatisme pour les familles et les victimes.
(Tiré du communiqué du CAD)









