Lutte contre l’occupation anarchique de l’espace public
Quand les vendeurs jouent au chat et
à la souris avec la police à Texaco-la-Tsiémé
L’assainissement urbain constitue un grand défi à relever pour les pouvoirs publics. Dans la commune de Brazzaville, la capitale, le cas de l’Avenue de l’Intendance, qui fait frontière entre les 5ème et 6ème arrondissements, interpelle. Sur cette avenue, vers le Quartier Texaco-la-Tsiémé, les vendeurs ont abandonné leur marché habituel, pour occuper les trottoirs et même la chaussée bitumée, gênant ainsi la circulation des piétons et des automobiles. A chaque fois, ils jouent au chat et à la souris avec la police qui mène, de temps à autre, des opérations de déguerpissement, avec brutalité.
Pendant les heures de pointe (matin et soir), les automobilistes, les piétons et autres usagers éprouvent d’énormes difficultés à circuler sur l’Avenue de l’Intendance, vers Texaco-la-Tsiémé. En cause, l’envahissement des trottoirs et de la chaussée bitumée par les vendeuses, vendeurs et leurs clients. On y trouve notamment des commerçants ambulants (de légumes, médicaments, pains dans des brouettes, produits alimentaires congelés et bien d’autres) et ceux qui étalent les marchandises sur des tables et à même le sol. Automobilistes, motocyclistes et piétons se disputent la voie avec les commerçants et les clients, sur fond de tohu-bohu dû aux éclats de voix, vrombissements et klaxons de véhicules ou de motos.
Les assauts réguliers de la police pour déguerpir les commerçants, afin de libérer la circulation des personnes et des biens sur cette avenue, s’avèrent inefficaces. Car les occupants anarchiques résistent toujours ou retrouvent leurs places dès que la police se retire.

Réagissant à cette situation, une vendeuse de légumes, Mme Sophie, pense que l’occupation de cette avenue par les vendeurs se justifie par la mévente qui prévaut dans le marché habituel. «Là-bas dans le marché, les clients ne viennent plus, tellement qu’il est dégradé. Surtout pendant la saison des pluies, il y a des marres d’eau. Du coup, personne n’y met pied. Ici au moins, on achète et on arrive à liquider nos produits. En tout cas, ici au goudron, il y a de l’affluence. Je sais que c’est difficile avec la police, mais on s’est habitué. L’essentiel est de tout vendre et renter à la maison. Sinon avec nos ristournes journalières, on n’allait pas s’en sortir, surtout avec la rentrée scolaire qui arrive», a-t-elle confié.
Harcelés par la police, les vendeurs font aussi des caprices pour payer la taxe municipale journalière. Une façon de faire pression, pour que la police cesse de les «emmerder». Ce marché, comme beaucoup d’autres dans nos villes, soulève aussi le problème de l’hygiène publique, car les aliments sont étalés sur des nappes, mais à même le sol, dans une promiscuité déconcertante avec les immondices et les caniveaux. Le problème est sans doute plus profond: il s’agit de trouver de l’espace pour installer le marché de Téxaco-la-Tsiémé et, au-delà, les arrêts de bus et la gare routière.

Le ministre de l’assainissement urbain, du développement local et de l’entretien routier, Juste-Désiré Mondélé, a fait de la lutte contre l’occupation anarchique de l’espace public, l’un des principaux objectifs de ses actions à la tête de son département ministériel. Il est lui-même sur le terrain, particulièrement à l’occasion de la Journée nationale de salubrité publique, chaque premier samedi du mois. Mais, il y a lieu de réfléchir à l’aménagement des espaces nécessaires à certaines activités publiques, comme les marchés domaniaux, les aires de jeu pour la jeunesse, les jardins publics, etc. Hervé EKIRONO
Reportage de CFDLIVEMEDIA.COM










