Flash (Faculté des lettres, arts et sciences humaines) de l’Université Marien Ngouabi
Un colloque international sur la vie et l’œuvre de Mgr Benoît Gassongo
A l’initiative de l’Association solidarité plurielle, la Formation doctorale histoire et civilisations de la Flash (Faculté des lettres, arts et sciences humaines) de l’Université Marien Ngouabi a organisé, du 21 au 23 janvier 2026, au Palais des congrès de Brazzaville, un colloque international consacré à la vie et l’œuvre de Mgr Benoît Gassongo, évêque d’Owando (anciennement Fort-Rousset) de juin 1968 à sa mort le 17 avril 1981, et inhumé en l’église Sainte-Marie de Ouenzé, le cinquième arrondissement de la ville-capitale.
45 ans après sa disparition, la figure tutélaire de l’Eglise catholique congolaise a refait surface dans la conscience nationale, à travers un colloque scientifique ouvert mercredi 21 janvier par Léon-Juste Ibombo, ministre des postes, des télécommunications et de l’économie numérique, en présence de nombreuses personnalités de premier plan, parmi lesquelles les ministres Pierre Oba et Hugues Ngouélondélé, Pierre Ngolo, président du sénat, Auguste Iloki, président de la Cour constitutionnelle, Jean-Marie Ewengue, président du Haut-conseil national des sages du Congo, Mgr Brice Armand Ibombo, évêque de Ouesso et président du Comité d’organisation, Mgr Ildevert Mathurin Mouanga, évêque de Kinkala, Mgr Urbain Ngassongo, évêque de Gamboma, Mgr Victor Abagna Mossa, archevêque émérite d’Owando, l’écrivain général Benoît Moundélé-Ngollo, etc.
Mgr Benoît Gassongo, ancien évêque d’Owando
Porté par l’Association solidarité plurielle, le colloque international a eu pour objectif de raviver le souvenir, interroger l’héritage et transmettre la mémoire d’un homme qui a profondément marqué l’histoire religieuse, éducative et culturelle du Congo, particulièrement dans la zone couvrant aujourd’hui le nouveau Département de la Nkéni-Alima.
Dans un discours d’ouverture empreint de gravité et de profondeur, le ministre Léon-Juste Ibombo a rappelé, en citant un proverbe africain, que «quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle». Pour lui, ce colloque international n’a pas vocation à pleurer une perte, mais à «ouvrir la bibliothèque, la lire et la transmettre». Il a souligné que l’oubli des bâtisseurs condamne une Nation à avancer sans repères, avant de saluer l’engagement personnel du Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, en sa qualité de «grand protecteur de la mémoire nationale», en le citant: «Il incombe aux aînés de préparer les générations montantes et futures à intérioriser notre histoire commune afin d’assumer leur destin vis-à-vis de la Nation. Nous devons accompagner la jeunesse dans la connaissance de notre passé».
Léon-Juste Ibombo (au milieu) à l’ouverture du colloque
Evoquant la mémoire de l’illustre prélat, il a déclaré que «Mgr Benoit Gassongo avait bien réussi à concilier les cultures occidentales et africaines, sans privilégier l’une et dénigrer l’autre, c’est-à-dire à situer le trait d’union entre ces deux cultures, africaines et occidentales».
A son tour, Mgr Brice Armand Ibombo a insisté sur le devoir de reconnaissance envers «un homme d’Église, éducateur et bâtisseur». Auteur d’ouvrages de référence, notamment sur les résistances congolaises dans le bassin de la Nkéni-Alima, Mgr Benoît Gassongo demeure le premier Congolais à avoir écrit sur l’histoire de l’évangélisation du Congo et est le deuxième évêque du pays après Théophile Bemba. À travers lui, a-t-il rappelé, c’est toute une génération de pionniers de l’Église congolaise qui mérite d’être honorée.
Pendant trois jours, communications scientifiques, échanges et réflexions ont hissé la figure de Mgr Benoît Gassongo à la hauteur de son héritage, en l’inscrivant durablement dans la mémoire collective nationale et internationale. Pourvu ces textes soient publiés, pour que le public puisse y accéder.
Différentes phases de la cérémonie d’ouverture du colloque sur Mgr Benoît Gassongo
Né vers 1910 à Mbanza, dans l’actuel Département de la Nkéni-Alima, Mgr Benoît Gassongo a consacré sa vie au service de Dieu et de la société. Entré au Grand-séminaire Saint-Jean de Libreville (Gabon) en 1939, il s’est illustré par un engagement constant en faveur de l’évangélisation et de l’éducation. Ordonné prêtre le 9 juin 1946, par Mgr Paul Biéchy, évêque de Brazzaville, ensemble avec Fulbert Youlou, Théophile Mbemba et deux autres Congolais (Raphaël Ndangui et Louis Loubasssou), Benoît Gassongo contribua à bâtir des écoles et de missionsa ux côtés des missionnaires spiritains, notamment l’école de Tongo, Boniala, Bokombo, Litoumbi, Illanga, Boundji-a-Tsé, Ekongo, Mbanza, Ekoussende, Ongogni et Ngagnia, etc, contribuant ainsi à la formation de générations de cadres civils et militaires. Le ministre Léon-Juste Ibombo a rappelé que Mgr Benoît Gassongo a servi dans la partie septentrionale et à Brazzaville où il a soit enseigné, soit baptisé d’éminents cadres civils et militaires parmi lesquels Auguste Iloki, Benoît Moundélé-Ngollo, François Ibovi, etc.
Son action ne s’est pas limitée au champ religieux. Le 28 novembre 1958, il prononça l’homélie lors de la proclamation de la République à la Basilique Sainte-Anne de Brazzaville, scellant symboliquement l’alliance entre spiritualité et destin national. Homme de culture et de tradition, Mgr Gassongo n’a jamais opposé foi chrétienne et identité africaine; il les a au contraire réconciliées, convaincu que la modernité ne peut se construire en rupture avec les racines.
C’est vraiment à juste titre que les cadres ressortissants du Département de la Nkéni-Alima se sont associés pour porter à la surface de la Nation er du monde, un fils du pays qui fut un véritable pionnier du développement d’une des grandes zones septentrionales du pays, depuis la colonisation française. Il appartient à la génération des bâtisseurs de ce pays.
Céleste Exaucé SINDOUSSOULOU (Reporter au colloque)