Dans une conférence de presse qu’il a animée jeudi 5 février 2026, à Brazzaville, Arnaud Bounda, candidat indépendant à l’élection présidentielle de mars 2026, a levé le voile sur son projet de société, intitulé: «Congo uni». À l’occasion de l’échange avec les professionnels des médias, il a fait savoir que changer de dirigeants ne suffit pas pour mettre le Congo sur la voie du développement, il faut changer de système. Il a vivement dénoncé l’enracinement du système politique actuel qu’il a qualifié de défaillant et qu’il tient pour le principal responsable du déclin politique, économique et social de la République du Congo.
Selon Arnaud Bounda, l’histoire politique du Congo révèle un blocage profond, nourri à la fois par une psychologie collective marquée par la peur, la tricherie et la violence et par des institutions incapables de garantir un développement harmonieux. Il pense que les difficultés quotidiennes des Congolais (pénurie d’eau, délestage de l’électricité, chômage, précarité) sont ainsi la conséquence directe d’un système politique fondé sur les clivages, l’irresponsabilité et la primauté de l’appartenance partisane sur la compétence. «Le problème congolais est d’abord psychologique, puis politique. Depuis l’indépendance, aucun dirigeant n’a véritablement favorisé l’émancipation du pays, non par manque de volonté, mais parce que le système politique condamne tout pouvoir à l’échec. S’attaquer à un homme ou à un parti politique serait une erreur», a affirmé Arnaud Bounda. L’opposition, en se concentrant uniquement sur les personnes et les élections, entretient, selon lui, l’illusion qu’un simple changement de dirigeants suffirait à transformer la Nation.
Pour répondre à cette impasse, Arnaud Bounda pense qu’il faut rassembler les Congolais autour d’une vision commune fondée sur «la souveraineté comme socle de l’autonomie nationale». C’est l’idéal qu’il poursuit à travers son projet de société «Congo Uni» qui repose sur cinq piliers: «la souveraineté institutionnelle qui consiste à refonder l’État en s’appuyant sur l’identité et les valeurs bantoues, avec une gouvernance de proximité; la souveraineté économique qui vise à créer des multinationales stratégiques dans l’énergie, l’agroalimentaire, la culture, la logistique et la recherche biomédicale; l’équité et le bien-être social qui vise à assurer à chaque citoyen l’accès aux droits fondamentaux; la science et la technologies qui utilisent l’innovation comme levier de développement et enfin l’urbanisation, l’infrastructures et l’écologie qui aspire à promouvoir un développement durable harmonieux. Le dialogue national est érigé en fondement transversal, pour renforcer l’unité, prévenir les conflits et construire un avenir commun», a-t-il fait savoir.
En conclusion, Arnaud Bounda a lancé un message fort: «Changer le Congo ne se résume pas à changer de dirigeants. Il s’agit de changer le système lui-même, pour que chaque Congolais retrouve dignité, espoir et souveraineté. Le véritable défi de notre Nation commence maintenant et il exige l’engagement de tous».
C. E. S.









