Finances publiques
Une nouvelle opération d’endettement,
pour financer la dette !
C’est avec une jubilation certaine que le Ministère des finances, du budget et du portefeuille public a annoncé, à travers un communiqué de presse signé le 20 mai 2026, par son directeur de cabinet, Paul Malié, le succès d’une émission obligataire de 850 millions de dollars Us (environ 479 milliards de francs Cfa) sur le marché international, remboursable avec un intérêt de 9,5%. Le remboursement du capital interviendra de manière progressive selon un amortissement de cinq tranches annuelles égales, à compter de 2032, précise le communiqué.
S’endetter pour payer ses dettes. C’est la politique de survie financière que le gouvernement met en œuvre, en raison de la situation d’endettement très lourde de l’Etat congolais. Dans ce cadre, il vient de réussir une opération financière sur le marché international, en levant un montant d’environ 479 milliards de francs Cfa. «En l’espace de six mois, la République du Congo a opéré un retour méthodique sur les marchés internationaux, cette nouvelle émission faisant suite à la conduite de deux placements privés en novembre et décembre 2025, et une émission publique inaugurale en février 2026. Cette trajectoire témoigne de la solidité retrouvée de la signature congolaise et de la confiance durable qu’elle inspire aux investisseurs internationaux. La prime de risque pays de la République du Congo a reculé de plus de 400 points de base, une compression historique confirmant une trajectoire de crédit extrêmement dynamique», souligne le communiqué de presse.

Un jeu risqué d’endettement ré-endettement?
Cette opération d’emprunt obligataire sur le marché international n’apporte aucun milliard de francs Cfa de plus au Trésor pubic. Selon le gouvernement, «le produit de l’opération est affecté au refinancement de lignes de dette existantes, à travers le rachat de l’obligation internationale arrivant à échéance en 2032, ainsi que le remboursement des lignes de dette du marché sous-régional arrivant à échéance en juin et juillet 2026».
En clair, le Congo s’endette pour payer ses dettes. Du point de vue économique, il ne gagne donc rien. Mais, en termes de confiance, le pays gagne du crédit, en montrant sa capacité, par le jeu risqué d’endettement ré-endettement, à rembourser ses dettes à échéance. En plus, il va s’épargner les pressions sur ses finances publiques concernant le volet dette, et orienter tranquillement ses recettes courantes dans le fonctionnement, le paiement des salaires et l’investissement. Pourvu que la bonne gouvernance financière et la rigueur dans le respect des procédures et des chapitres soient de vigueur.
Avec la hausse des prix du pétrole, provoquée par la guerre que mène le Président américain, Donald Trump, contre l’Iran, et la demande croissante, dans le monde, de G.n.l (Gaz naturel liquéfié) dont le pays est devenu exportateur depuis l’année 2024 (81 milliards de francs Cfa de recettes de G.n.l prévues dans le budget 2026), le Congo améliore sa position sur les marchés financiers internationaux. En plus, il fait preuve de stabilité politique et de fonctionnement régulier de ses institutions, avec la tenue récente de l’élection présidentielle. Les investisseurs internationaux lui font de nouveau confiance.
Raison pour laquelle le gouvernement regarde l’avenir avec un certain optimisme, en dépit des difficultés de sa situation financière courante, se manifestant par le retard de certains paiements sociaux, particulièrement dans les structures relevant du budget de transfert. Dans le budget 2026, il a prévu des émissions de bons et d’obligations à hauteur de 691 milliards 495 millions de francs Cfa. Quoiqu’il en soit, le rouleau de la dette s’épaissit tout doucement, chaque année, par le jeu des intérêts, pour peser sur les générations futures. Une situation qu’on devrait plutôt éviter.
Jean-Clotaire DIATOU
Communiqué discussion FMI 2026 Communiqué Presse émission 850 M$ FR









