Les dirigeants d’une douzaine d’organisations de la société civile se sont retrouvés lundi 1er juin 2026, au siège de la P.g.d.f (Plateforme pour la gestion durable des forêts), à Brazzaville, pour prendre position sur la note de service du directeur général de la promotion des peuples autochtones, relevant du Ministère de la justice, des droits humains et de la promotion des peuples autochtones, publiée le 18 mai 2026. Cette note de service leur exige une autorisation écrite, pour leurs interventions auprès des populations autochtones. Les acteurs de la société civile condamnent cette note dont ils exigent l’annulation, car elle n’a pas de base légale.
Selon la déclaration qu’ils ont publiée à l’issue de leur rencontre et qui a été lue par Alfred Nkodia, coordonnateur de la P.g.d.f, en présence de plusieurs responsables, dont Maixent Agnimbat Eméka, président du Forum de la société civile sur la biodiversité, le climat et le développement durable, la note de service du directeur général de la promotion des peuples autochtones est contraire aux dispositions de l’article 15 de la Constitution du 25 octobre 2015 et de l’article 2 de la loi n°5-2011 portant promotion et protection des peuples autochtones.
Pour ces organisations de la société civile, l’autorisation écrite exigée par l’administration publique aggrave la discrimination à l’égard des populations autochtones. Ces organisations peuvent continuer à travailler avec toutes les autres couches sociales (communautés locales bantou, les femmes, les enfants, les jeunes, les personnes vivant avec handicap, les personnes du troisième âge et bien d’autres). Mais, en ce qui concerne les autochtones, il faut une autorisation écrite. Voilà là où se situe la discrimination.
En plus, cette décision a été prise sans consulter les organisations de la société civile encore moins les populations autochtones. Le régime d’autorisation risque d’ouvrir la boîte de Pandore sur les chantages et les passe-droits que certains agents publics pourraient exercer sur les organisations de la société civile et les partenaires. Raison pour laquelle les responsables de ces organisations demandent au gouvernement d’ordonner la rétractation de cette note de service, aux bailleurs de fonds et partenaires au développement d’œuvrer pour que le gouvernement congolais respecte ses engagements en matière de promotion et protection des droits des populations autochtones, pour que les acteurs de la société civile continuent de mener leurs activités au bénéfice des couches sociales défavorisées dont les populations autochtones.
Martin
BALOUATA-MALEKA









