Depuis les temps anciens, tous ceux qui ont la responsabilité des éphémères se voient «confier le soin d’être les garants de l’ordre et de l’harmonie dans le monde». Et Kronide leur dit: «Ecoutez donc la justice, oubliez la violence à jamais».
Violence physique, mais également violence morale, violence deshumanisante, violence psychologique et violence socio-économique. Toutes formes de violence qui ôtent à l’éphémère sa dignité. Violences auxquelles sont confrontées les sociétés d’aujourd’hui et qui révèlent la véritable nature de la bêtise humaine.
Il suffit de visiter les geôles des commissariats où sont entassés des êtres humains comme du bétail. Des lieux pour mesurer le niveau de cruauté de ceux qui sont dépositaires de la force publique. Les pressions de toutes sortes pour un emploi ou pour un service sont devenues légion. Le droit légitime à un revenu ou à une pension est bafoué, parfois par insouciance ou simple négligence, sans parler de la gestion chaotique des affaires publiques.
On en est rendu à faire se déplacer des indigents, pour recevoir ce qui leur revient de droit, sans se soucier de leur état. Le droit légitime des éphémères aux services publics tels que l’eau, l’électricité, la santé et la gestion des ordures est remplacé par le supplice de la précarité, une sorte d’érosion constante de l’existence.
Autant de violences qui caractérisent le manque de considération et de respect que la société doit à nos concitoyens, alors qu’il suffit que l’autorité publique écoute, pour oublier la violence à jamais.
Prométhée

