Deuxième session ordinaire du C.s.l.c

Accélérer la mise en œuvre des recommandations des assises de la presse

Le C.s.l.c (Conseil supérieur de la liberté de communication) a tenu, du lundi 31 août au mardi 1er septembre 2026, dans la salle de conférence du Ministère de la justice, à Brazzaville, sa deuxième session ordinaire, sous le patronage de son président, Médard Milandou Nsonga, entouré des deux autres membres du bureau du conseil, devant les hauts-conseillers. La question des recommandations issues des assises de la presse congolaise de 2018 a été abordée au cours de cette session et fait désormais l’objet d’un nouveau chantier du régulateur, qui entend accélérer leur mise en œuvre.

La cérémonie d’ouverture de la deuxième session ordinaire du C.s.l.c a été marquée par la présence des responsables des institutions constitutionnelles comme la présidente du Cese (Conseil économique, sociale et environnemental), Mme Emilienne Raoul, le secrétaire permanent du Conseil consultatif de la société civile et des O.n.gs, Céphas Germain Ewangui, le directeur de cabinet du Ministère de la communication et des médias, Jean-Christ Obambi, le conseiller à la communication de la primature, Gildas Mayela, les représentants des organes de presse et des associations œuvrant dans le domaine de l’information et de la communication, etc.
Les trois membres du bureau du conseil, pendant l’ouverture de la session
Au premier plan, les hauts-conseillers, pendant la cérémonie d’ouverture
Dans son allocution d’ouverture de la session, Médard Milandou Nsonga a rappelé les actions entreprises par son institution, «en conformité avec les missions de régulation édictées par les textes législatifs et règlementaires», pour consolider ses relations avec «l’écosystème médiatique». Parmi ces actions, il y a les formations organisées avec l’appui des partenaires comme l’Unesco et l’A.r.p.ce (Agence de régulation des postes et des communications électroniques), la régulation de la couverture médiatique de l’élection présidentielle de mars dernier, les missions effectuées dans les pays africains et européens par le président du conseil, dans le cadre de activités des institutions de régulation des médias, etc.
Ce dernier a évoqué aussi l’aide publique à la presse représentée par l’institution, dans la loi des finances, du Fonds d’appui aux organes de presse. «Enfin, je tiens à mentionner l’implication du conseil dans le processus de répartition du fonds d’appui aux organes de presse. Les critères d’éligibilité à ce fonds et la clé de répartition ont été fixés en accord avec les associations des professionnels de la presse. Le Ministère de la communication et des médias a été, évidemment, au centre de cette démarche, étant chargé de la répartition en question», a-t-il indiqué. Soit dit en passant que, pour l’instant, les organes de presse du secteur privé sont toujours en attente de cette redistribution.
Une vue des participants
Durant deux jours, les hauts-conseillers (membres du C.s.l.c) ont notamment planché sur plusieurs sujets comme le recensement des médias et des journalistes, la lutte contre la désinformation et les discours de haine, la presse en ligne ainsi que la délivrance de la carte d’identité des journalistes professionnels.
Dans le communiqué final lu par Jérôme Patrick Mavoungou, secrétaire-comptable du C.s.l.c, il ressort que «le Conseil a résolu, à travers le Comité de suivi des assises de la presse congolaise, d’œuvrer étroitement avec le Ministère en charge de la communication et des médias, afin que ces recommandations soient traduites en actes».
Dans son allocution de clôture, Médard Milandou Nsonga a souligné la nécessité, pour le conseil, de mieux connaître les acteurs du paysage médiatique congolais, alors que le secteur connaît de profondes mutations avec la multiplication des médias en ligne. Raison pour laquelle, «dans le cadre du suivi des médias, il est prévu le recensement des médias audiovisuels, il s’étendra aux médias en ligne qui connaissent une floraison encourageante, mais leur répertoire semble encore approximatif», a-t-il affirmé.
Le président du C.s.l.c a, également, insisté sur la nécessité de clarifier le statut des professionnels de la communication, notamment à travers la carte de presse. «Si le conseil est rigoureux vis-à-vis de la pratique du métier, il se doit aussi de clarifier le monde des communicateurs, en les identifiant par la délivrance de la carte de presse», a-t-il fait savoir. Pour cela, «à quelques mois des élections législatives et locales, un e campagne d’enrôlement sera lancée prochainement», a-t-il précisé.
Photo de famille autour du président du C.s.l.c, après la cérémonie d’ouverture de la session
Selon lui, cette carte permettra de reconnaître officiellement la qualité de journaliste professionnel. Une campagne d’enrôlement sera prochainement lancée, a-t-il annoncé, à quelques mois des élections législatives et locales.
Médard Milandou Nsonga a aussi appelé les différentes parties prenantes à accélérer leur mise en œuvre des recommandations des assisses de la presse congolaise, tout en plaidant pour une actualisation des textes législatifs encadrant le secteur des médias. Cette révision devra, notamment, prendre en compte l’essor des médias en ligne. «Ce corpus juridique actualisé sera adapté à la nouvelle donne, à savoir les médias en ligne qui devront au préalable se constituer en entreprises de communication. Ce qui permettra au conseil de réguler ce secteur», a déclaré le président du C.s.l.c. L’enjeu est, désormais, de passer des recommandations aux actes, afin de mieux encadrer un paysage médiatique en pleine mutation et de renforcer la régulation du secteur de la communication. Roland KOULOUNGOU

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