Le C.c.n (Comité de coordination nationale) du Fonds mondial pour la lutte contre le V.i.h-sida, la tuberculose et le paludisme a lancé, le lundi 1er juin 2026, à l’Hôtel Pefaco, à Brazzaville, le dialogue pays consacré à la préparation de la demande de financement du huitième cycle de subvention du Fonds mondial. Sous le patronage du ministre de la santé et de la population, le prof Jean-Rosaire, la cérémonie de lancement de cette rencontre a connu la présence du Dr Vincent Dossou Sodjinou, représentant-résident de l’O.m.s au Congo, de la présidente du Comité de coordination nationale, Mme Esmo Valérie Maba Moukassa, de la représentante-résidente du Pnud au Congo, Mme Adama-Dian Barry, ainsi que des acteurs de la société civile et des communautés.
Ouvrant les travaux, le ministre Jean-Rosaire Ibara rendu hommage au Fonds mondial, pour son soutien constant au système sanitaire congolais. «Depuis plus de vingt ans, le partenariat entre notre pays et le Fonds mondial a permis de réaliser des avancées significatives dans la lutte contre les trois pandémies», a-t-il déclaré. Selon lui, cet appui a permis d’améliorer l’accès aux traitements antirétroviraux, de renforcer le diagnostic et la prise en charge de la tuberculose, ainsi que d’intensifier les actions de prévention et de lutte contre le paludisme.
Toutefois, il a souligné que d’importants défis demeurent. «La couverture thérapeutique du V.i.h doit être élargie, la détection des cas de tuberculose renforcée et le lourd fardeau du paludisme davantage réduit grâce à des interventions mieux ciblées», a-t-il précisé. Le ministre de la santé a, également, insisté sur la nécessité de bâtir un système de santé résilient, capable de répondre aux urgences sanitaires, évoquant notamment la vigilance requise face à l’épidémie d’Ebola déclarée urgence de santé publique internationale. «Les acquis ne doivent jamais être considérés comme définitifs», a-t-il averti.
Pour la présidente du Comité de coordination nationale, le dialogue pays dépasse le simple cadre administratif, «il constitue un espace d’expression démocratique inclusif et ouvert», a affirmé Mme Esmo Valérie Maba Moukassa. Elle a rappelé que les priorités discutées lors de cette rencontre sont issues des mini-dialogues organisés à travers le pays, avec la participation active des communautés, des organisations de la société civile, des partenaires techniques et des institutions publiques. Selon elle, la préparation de la requête GC8 représente une opportunité stratégique, non seulement pour garantir la continuité des interventions contre les trois maladies mais aussi pour renforcer la souveraineté sanitaire du Congo dans un contexte marqué par la diminution progressive des financements internationaux. «Le défi qui se présente à nous exige, désormais, d’aller encore plus loin ensemble, pour passer de l’appropriation des processus à l’appropriation durable des ressources», a-t-elle déclaré.
Le représentant-résident de l’O.m.s au Congo, quant à lui, a insisté sur l’importance de faire «des choix stratégiques permettant au pays de rester sur la trajectoire d’élimination du V.i.h, de la tuberculose et du paludisme d’ici à 2030». Pour le Dr Vincent Dossou Sodjinou, les futures interventions devront être davantage intégrées dans les soins de santé primaires conformément aux engagements internationaux pris par les États membres de l’O.m.s. Le représentant de l’organisation a formulé plusieurs recommandations, notamment «le renforcement du dépistage communautaire, l’élargissement des mesures préventives et l’amélioration des systèmes d’information sanitaire». «Nous devons faire des choix judicieux, efficients et surtout à haut impact pour garantir la couverture sanitaire universelle», a-t-il souligné. Il a également rappelé que la prévention demeure l’un des investissements les plus rentables en santé publique.
Au terme de cette phase de concertation, les participants disposent désormais d’une compréhension commune des enjeux du dialogue pays, des activités prévues, de la méthodologie retenue ainsi que des ressources nécessaires à la mise en œuvre des programmes. Les conclusions des travaux alimenteront la demande de financement que le Congo entend soumettre au Fonds mondial pour le cycle 2027-2029.
Rappelons que pour la période actuelle, le Congo a bénéficié d’une allocation de 90,4 millions d’euros (environ 58,7 milliards de francs Cfa) de la part du Fonds mondial. Cette enveloppe, mise en œuvre avec l’appui technique du Pnud (Programme des Nations unies pour le développement) et d’autres acteurs locaux, vise à soutenir des objectifs précis, notamment, traiter 85 mille patients par an du V.i.h-sida, prendre en charge 20 mille cas de tuberculose, diagnostiquer et traiter 500 mille cas de paludisme, avec en parallèle la distribution de 4 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide pour protéger la population.
Céleste Exaucé
SINDOUSSOULOU









