Musique
Serrol Kassa en concert à Paris:
le kingoli akwa à la conquête du monde
Le samedi 11 juillet 2026 sonne comme une date de vérité pour l’artiste tradi-moderne congolais, Serrol Kassa, l’un des derniers nés de l’empire Kassa, qui a produit tant de kingolistes, de génération en génération. Il va livrer un concert décisif, dans la salle «We welcome» de Lagny-Sur-Marne, en région parisienne, en France, à partir de 19h. Autant dire que pour Serrol Kassa, qui sera accompagné de son groupe, Kingoli Mondial, ce concert représente un véritable défi, sous couvert de premier pas dans ce long voyage promotionnel du kingoli akwa, potentiellement vers sa reconnaissance par l’Unesco. Et comme tout premier pas, l’étape de Lagny-sur-Marne est coûteuse.
«Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années», avait dit Pierre Corneille. A l’époque, lorsque ce dramaturge français le pensait, il ne se doutait guère que la meilleure illustration de sa pensée viendrait d’Afrique tropicale, là-bas sur les hauteurs de l’Equateur, d’un fils akwa. Fief du kingoli, Makoua est le berceau de la musique traditionnelle akwa, mêlant, dans une atmosphère spécifique, percussions, chants et danses, superbement incarnée, aujourd’hui par un virtuose du coin.
En fait, Serrol Kassa, surnommé «Simba le Roi Lion», aurait dû déjà se produire en juin dernier, à Reims, où il fut invité à la fête de la musique. Hélas, pour des raisons administratives, il n’a pu s’y rendre. Pour lui, le concert de Lagny-sur-Marne, c’est l’occasion rêvée de prendre sa revanche, en organisant une fête à sa façon, rageusement. Compréhensible, pour cet artiste qui a commencé par sillonner son Congo natal, kingoli en bandoulière, en relai de ses ainés à la carrière finissante.

Aujourd’hui, tel Prométhée, ce titan de la mythologie grecque, qui avait volé le feu à Zeus pour l’offrir aux hommes, Serrol Kassa met le cap sur l’Europe qu’il veut éclairer de sa lanterne, le kingoli, pour la rallier à sa cause. Musique traditionnelle très en vogue au Congo, dès l’aube des années 80, préfigurant la «mbokalisation», ce mouvement de retour à l’authenticité, le kingoli est l’une des expressions musicales la plus représentative de la Cuvette. Nées sur les cendres du rythme «ndzambélé», ses sonorités restent dominées par les percussions que la modernisation a, heureusement, épargnées, lors de l’adjonction d’instruments étrangers tels que les guitares ou les synthétiseurs.
C’est cette version dite tradi-moderne du kingoli que le public aura le plaisir de savourer à ce crucial concert, dans le parcours de cet artiste, encore à la fleur de l’âge. Réputé énergique sur scène, Serrol Kassa et son groupe devront faire vibrer la salle «We welcome», à l’appétence au spectacle bien tapé.

Mais, le succès du concert dépendra d’abord de la capacité des organisateurs à promouvoir activement cet évènement, au-delà de la communauté congolaise, réputée capricieuse dans le soutien aux artistes. De ce point de vue, à ce jour, on est encore loin du compte. Mais, il leur reste encore quelques jours, pour refaire le retard.
A Simba le Roi lion de se sublimer pour convaincre le public, déjà à se déplacer, a fortiori à le séduire, une fois sur place, pour en faire ses fans. Pour le rayonnement de notre culture, dont le kingoli est l’un des fleurons, nous appelons le public à se mobiliser. Surtout que les prix des places sont démocratiques, le premier palier étant fixé à 25,30 euros, dans les différents points de vente: Fnac; Géant; Intermarché; Printemps; Super U. Au moment où nous mettons sous presse, la Fnac signale une forte demande sur cet évènement.
Guy Francis TSIEHELA
Chroniqueur musical (Paris France)
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