Commentaire

Emission de Télé-réalité sur Canal+:
le régulateur de la communication interpellé!

Alors que certains pays africains renforcent le contrôle des programmes de télé-réalité diffusés sur les bouquets Canal+, la République du Congo reste discrète sur la question. L’absence de réaction publique du C.s.l.c (Conseil supérieur de la liberté de communication) relance le débat sur le rôle du régulateur de la communication, face aux contenus jugés sensibles par l’opinion.

La polémique autour de certaines émissions de télé-réalité diffusées sur les bouquets Canal+ prend une dimension continentale. En RD Congo, le C.s.a.c (Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication) a interdit la diffusion de l’émission «The Bachelor», diffusée sur Canal+ Pop, «mettant en scène un célibataire convoité et ses prétendantes panafricaines à la recherche du grand amour». Il a pris aussi d’autres mesures visant plusieurs chaînes du bouquet français de télévisions à péage. Le régulateur congolais estimait alors que certains programmes portaient atteinte aux bonnes mœurs et pouvaient avoir une influence négative sur la jeunesse.
En République du Congo, en revanche, le C.s.l.c (Conseil supérieur de la liberté de communication) n’a, à ce jour, pris aucune décision publique. Cette absence de réaction interroge sur l’exercice de sa mission de régulation de la communication, notamment dans sa dimension de veiller à la promotion et à la défense des valeurs culturelles locales. Si le C.s.l.c affirme veiller au respect de l’éthique et à la régulation du paysage audiovisuel, son silence face à des contenus régulièrement critiqués par une partie de l’opinion nourrit le débat sur son rôle dans la protection de certaines couches sociales, en particulier les jeunes et les adolescents.
Un épisode de l’émission The bachelor
Il ne s’agit pas de remettre en cause la liberté de création ni de plaider pour une censure systématique. En revanche, une autorité de régulation ne peut se limiter à un rôle d’observateur, lorsque des contenus soulèvent des questions morales récurrentes sur leur impact social. Sans nécessairement interdire ces émissions, le C.s.l.c pourrait ouvrir un débat public, publier des recommandations, renforcer les mécanismes de classification des programmes ou sensibiliser les diffuseurs et les familles.
Pour autant, le débat ne porte pas nécessairement sur une volonté d’interdire les programmes de divertissement. La liberté de création et la diversité des contenus restent des principes fondamentaux du paysage audiovisuel. Mais, face aux critiques récurrentes concernant certains formats de télé-réalité, accusés de valoriser les conflits, l’exhibition ou certains comportements jugés contraires aux valeurs sociales locales, les autorités de régulation de la communication sont appelées à jouer leur rôle d’encadrement, de rappel au respect des principes éthiques et déontologiques et de protection des bonnes mœurs.
Dans un contexte où les contenus audiovisuels circulent massivement sur les écrans et les réseaux sociaux, l’absence de position publique de la part de l’autorité de régulation de la communication peut être perçue comme une manière de laisser faire et soulever des interrogations sur l’exercice de sa mission de protection de l’intérêt général. Roland KOULOUNGOU

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