Commentaire
Malaise chez les jeunes à Mindouli, après
la décision du ministre Opo
La décision prise par le ministre des industries minières et de la géologie, Fiacre Urbain Opo, le 20 juillet 2026, de déguerpir les personnes se livrant à l’exploitation artisanale des mines de Mpassa-Moubiri et Mindouli, dans le Département du Pool, en raison de l’attribution des permis d’exploitation de polymétaux à la société chinoise Bao Shi, suscite grande incompréhension chez les jeunes de ce département vivant de cette activité génératrice de revenus. Ces jeunes ne sont pas opposés aux concessions attribuées par le gouvernement à la société chinoise, mais ils demandent qu’on leur laisse également la possibilité de mener leurs activités ou en tout cas, qu’on leur présente alors une alternative pouvant leur permettre de gagner leur vie.
Avec les multiples conflits armés qu’il a connus ces trois dernières décennies, le Département du Pool, qui a retrouvé progressivement la paix depuis la signature de l’accord de Kinkala, le 23 décembre 2017, offre peu de perspectives d’avenir à sa jeunesse, en dehors de l’agriculture, de l’exploitation artisanale de quelques ressources naturelles comme le bois de chauffe, le charbon et les minerais.

Dans le District de Mindouli, le plus peuplé de ce département, l’histoire semble se répéter du reste. En juillet 2011, le gouvernement avait accordé deux permis d’exploitation minière sur les sites de Mpassa-Moubiri et Mindouli, à la société chinoise Lulu de mine. Les deux permis avaient été retirés en 2023, pour non-respect d’un certain nombre d’engagements comme l’établissement d’un plan d’investissement, la réalisation d’une étude de faisabilité, la construction d’une usine de transformation, la réalisation de test de production, etc. En plus, le gouvernement reprochait à cette société de fausses déclarations sur sa production. Comme quoi, à vouloir privilégier les étrangers, ceux-ci n’hésitent pas à vous exploiter.

Depuis le 31 décembre 2025, les deux sites ont été cédés à une autre société chinoise, Bao Shi. Cette société ne s’est pas encore installée. Pendant ce temps, les jeunes se livrent à l’exploitation artisanale des pierres et des minerais. De nombreux habitants de Mindouli dépendent, en effet, de l’extraction artisanale de pierres et de minerais, pour assurer leur survie quotidienne. Pourquoi ne laisserait-on pas concurremment les deux systèmes, l’exploitation artisanale à petite échelle et l’exploitation industrielle par les sociétés expatriées, co-exister, quitte à créer un guichet où les artisans écouleraient leur production minière?
Pourquoi chasser les enfants du pays à bénéficier d’une ressource naturelle qui est chez eux, pour ne privilégier que les grandes sociétés étrangères? Voilà les questions que le gouvernement devrait se poser avant toute décision. Sauf à trouver une alternative à la jeunesse locale, le ministre des industries minières et de la géologie devrait assouplir sa décision, pour ne pas condamner ses propres compatriotes à l’oisiveté qui est source de maux que l’on connaît. Bien sûr, l’Etat doit être gagnant. Mais, l’Etat a aussi l’inévitable devoir de s’occuper de sa jeunesse et il ne peut pas s’autoriser à abandonner celle-ci. Le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, le rappelle toujours. Jean-Clotaire DIATOU
L’appel des jeunes de Mindouli










