G.f.a.c (Grande foire agricole du Congo)

Le Pool et ses atouts sur l’agriculture,
pour accélérer son développement

La deuxième édition de la G.f.a.c (Grande foire agricole du Congo), s’est tenue du 5 au 20 août 2026, au Parc des expositions de Bambou-Mingali, dans le District d’Igné (Département du Djoué-Léfini), à environ 60 Kms au Nord de Brazzaville. Parmi ses activités, il y a eu 14 journées départementales mettant à l’honneur, à tour de rôle, sur le plan de la production et la transformation agricoles, les 15 départements du pays. Ainsi, la journée du mardi 18 août était consacrée au Département du Pool. Cette journée a non seulement mobilisé les exposants et les visiteurs, mais aussi les cadres ressortissants de ce département qui ont marqué, par leur forte mobilisation, le déroulement de cette journée que le ministre d’Etat Alphonse Claude N’Silou a baptisé comme la renaissance de ce département qui, aujourd’hui en paix, a renoué avec le dynamisme de sa vocation agricole.

Trois moments forts ont caractérisé la journée départementale du Pool à la Grande foire agricole du Congo: la présentation des communications dans la salle de conférence; la dégustation des mets issus du terroir du Pool et la visite ainsi que les achats dans le Pavillon Pool et les autres pavillons.
Le principal bâtiment de la foire où il y a la salle de conférence
Tout a démarré par le mot d’ouverture du préfet du Pool, Jules Monkala-Tchoumou, dans la salle de conférence du parc, en présence de nombreuses personnalités, comme Michel Boumpoutou Mampouya, président du Conseil départemental du Pool, Médard Milandou Nsonga, président du C.s.l.c, des parlementaires comme Yvonne Adélaïde Mougany, la vénérable Chara Rebecca Moundélé-Ngollo née Loubienga, les honorables Marie-Jeanne Kouloumbou, Joseph Badiabio alias Dadys, Charles Kinzenzé et Jean-Paul Malonga, le directeur de cabinet du président de l’assemblée nationale, Hubert Mbemba-Milandou, le rapporteur du Cese (Conseil économique, social et environnemental), Hyacinthe Defoundoux Fila, des leaders politiques, des dirigeants d’associations comme Mme Anastasie Makosso Boutahouakou Missonsa, présidente de l’Association Femmes leaders du Pool, des experts et des acteurs du monde agro-pastoral, etc.
Le préfet Jules Monkala-Tchoumou
«L’institution des journées départementales constituent une excellente innovation et opportunité. C’est donc avec beaucoup de fierté que le Pool se présente aujourd’hui devant la Nation. Nous ne sommes pas ici uniquement pour montrer ce que nous produisons. Nous sommes ici pour démontrer ce que le Pool peut devenir», a déclaré le préfet du Pool pour qui l’enjeu de cette journée dépasse la simple présentation des produits agricoles. Il a félicité la mobilisation des cadres ressortissants du département pour accompagner les acteurs agro-pastoraux impliqués dans le déroulement de cette journée, en exprimant sa reconnaissance au président de l’assemblée nationale, Isidore Mvouba, qui a initié cette mobilisation, et les membres du gouvernement ressortissants du Pool.
Une vue de la conférence
Le préfet Monkala-Tchoumou n’a pas omis de saluer l’action du Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, qui a lancé ce projet majeur de foire agricole, qui compte désormais parmi les grands projets destinés à booster l’agriculture du pays, et le leadership du Ministère de l’agriculture et de l’élevage qui conduit ce projet avec succès.

Les communications
Il y a eu, ensuite, les communications, riches en informations sur l’état de l’agriculture dans le Pool. Le directeur départemental de l’agriculture, le Dr Romuald Nzonzi, a présenté les principales caractéristiques du département ainsi que l’état de son agriculture: «Avec une superficie de 14.408,72 km² et une population estimée à 236.425 habitants, le Pool est composé de huit districts: Kinkala, Boko, Louingui, Loumo, Goma Tsé-Tsé, Mbanza-Ndounga, Mindouli et Kindamba. Son climat tropical humide, ses différents types de sols, ses ressources hydriques et ses terres disponibles constituent autant d’atouts pour le développement agricole. Le département dispose notamment de sols alluvionnaires favorables au maraîchage et à la riziculture, ainsi que de sols sablo-argileux adaptés à différentes cultures vivrières».
En ce qui concerne la production, «le département a enregistré, en 2025 notamment, 1.132.612 tonnes de manioc, 223.567 tonnes d’arachide et 46.922 tonnes de maïs. La production fruitière s’est également distinguée avec 33.750 tonnes de mangues, 20.590 tonnes de safou, 14.600 tonnes de litchi et 10.670 tonnes d’avocats. Le maraîchage, en pleine progression dans certaines zones, concerne notamment la ciboule, le piment, la tomate, l’aubergine, le poivron, le concombre, le gombo, l’épinard, la carotte, le haricot vert et la courgette».

Romuald Nzonzi et Simon-Pierre Bahakoula
L’élevage, un potentiel encore sous-exploité
Selon le directeur départemental de l’élevage, le Dr Simon-Pierre Bahakoula, le sous-secteur demeure dominé «par un système traditionnel extensif. En 2025, le cheptel présenté lors de la rencontre était estimé à 3.472 bovins, 1.295 ovins, 1.845 caprins, 4.557 porcins et 39.271 volailles».
Mais, selon lui, «la production locale de viande reste faible. Le manque d’infrastructures, de technologies adaptées, de structures de conservation et d’unités de transformation constitue un frein important. À ces difficultés s’ajoutent l’insécurité foncière, les conflits entre agriculteurs et éleveurs ainsi que l’exode rural, qui contribue à réduire la main-d’œuvre disponible». Le département bénéficie néanmoins de plusieurs programmes d’appui, comme «le Prodivac (Projet de développement intégré des chaînes de valeurs agricoles au Congo) et le P.d.a.c (Projet d’appui au développement de l’agriculture commerciale)», a rappelé Simon Pierre Bahakoula.
Une vue des pavillons à la grande foire
Les communications associées
Une délégation de la République Bolivarienne du Venezuela, conduite par son vice-ministre de l’agriculture, Wilber Atahualpa Colmenarez Escalona, et dans laquelle figurait notamment l’ambassadeure en République du Congo, Laura Evangelia Suárez, était présente à la conférence. Celle-ci a partagé l’expérience de son pays dans la culture du cacao, ouvrant la perspective d’éventuelles visites d’exploitations agricoles dans le Pool.
Par la suite, Christian Richard Malonga, le secrétaire général de la Fondation Rosalie Matondo pour le bien-être de tous, a fait une communication mettant en avant plusieurs activités susceptibles de générer des revenus dans les zones rurales, notamment la production d’huiles essentielles et l’apiculture, avec un intérêt particulier pour le miel d’acacia et l’arboriculture fruitière.
Enfin, un autre message fort est venu de la communication du directeur général de l’Aconoq (Agence congolaise de normalisation et de la qualité), Jean-Jacques Ngoko Mouyabi, qui a captivé l’auditoire en rappelant, avec force, l’importance fondamentale de la norme et de la qualité. Pour lui, produire davantage ne suffit pas. Les produits congolais doivent également répondre à des exigences capables de faciliter leur accès aux marchés et de rassurer les consommateurs . «Si nous ne faisons pas la promotion de la culture de la norme et de la qualité, nous ne parviendrons jamais à développer nos marchés», a-t-il martelé. Une manière de rappeler que la transformation du secteur agricole ne se limite pas à augmenter les volumes de production. Il a fait observer que c’est en réunissant la rigueur de la norme, l’exigence de la qualité et la garantie de la certification qu’une marque gagne la confiance des consommateurs et devient un véritable moteur d’expansion économique.
Le Pavillon Pool
Les difficultés de l’avenir de l’agriculture dans le Pool
Le moins qu’on puisse dire est que le diagnostic présenté à Bambou-Mingali met également en évidence les difficultés qui empêchent encore le secteur agricole dans le Pool de franchir un nouveau cap. De la communication du directeur départemental de l’agriculture, on a retenu que parmi les principaux obstacles figurent «le faible niveau des forces productives, l’insuffisante organisation des producteurs, le manque de mécanismes de financement adaptés, l’insuffisance des moyens modernes de transformation et de conservation ainsi que la faible mécanisation des opérations culturales. À cela s’ajoute l’état des routes départementales et des pistes agricoles, qui complique l’acheminement des produits et l’accès aux bassins de production».
Pourtant, les perspectives restent considérables. «Le Pool bénéficie d’un avantage stratégique majeur: sa proximité avec Brazzaville, principal bassin de consommation du pays. La disponibilité des terres, l’existence de petits exploitants disposant d’un savoir-faire convenable et la possibilité de produire à contre-saison constituent également des leviers pour attirer davantage d’investissements. L’enjeu consiste donc à transformer ces avantages naturels en véritables opportunités économiques».
La députée Mougany, le ministre d’Etat N’Silou et la ministre Matondo 2
«C’est la renaissance d’un département», Alphonse Claude N’Silou
La journée du Pool s’est poursuivie, après les communications dans la salle de conférence, par la visite du pavillon où il y avait vingt exposants et la dégustation gratuite des mets issus du terroir, préparés par la Fondation Rosalie Matondo pour le bien-être de tous. Sous l’animation des groupes folkloriques venus de certains districts du département, ces deux étapes ont connu la présence du ministre d’Etat Alphonse Claude N’Silou et la ministre Rosalie Matondo qui, auparavant, avaient dû participer à la session du Conseil des ministre, avant de venir à la foire.
«Pour moi, c’est la renaissance d’un département. Le Pool qui renaît, qui retrouve sa gaité, sa joie de vivre; le Pool qui vous dit: voilà, il y a la paix chez nous, venez investir chez nous. D’ailleurs le Président de la République l’a démontré récemment (lors de la cérémonie de l’inauguration de l’électricité à Boko), pour vous dire qu’il y a la paix dans le Pool. Mais, (nous, nous disons), la paix est arrivée grâce à la patience du Président de la République. Donc, pour nous, c’est le Pool qui recouvre sa tradition, par son peuple qui est travailleur, parce que le peuple du Pool est très travailleur quand les conditions sont réunies. Et nous sommes là pour les honorer.
Il y a ce qu’on appelle une stratégie globale du gouvernement pour tous les départements, notamment pour le Pool. Parmi ce qui a été mis en place, il y a l’écoulement des marchandises, donc les routes, aménager les routes ainsi de suite, et tant d’autres choses bien dites par le ministre en charge de l’agriculture. Donc, le Pool est là-dedans également. Il ne faut pas que le Pool pense qu’il est écarté, non. Dans la stratégie (de développement) mise en place par le gouvernement, il y a aussi le Pool», a dit le ministre d’Etat N’Silou, lorsque la presse a recueilli ses impressions. La ministre Matondo et la députée Mougany ont complété ce tableau par leurs interventions en langue.

Le Pool appelé à retrouver sa place dans la vie économique nationale

Souvent présenté comme l’un des greniers agricoles du Congo, en raison de sa proximité avec Brazzaville et de ses capacités de production, le Pool entend, désormais, faire de ses atouts un véritable moteur économique. Pour le préfet, l’objectif est clair: faire de l’agriculture un secteur capable de nourrir les familles, mais aussi de contribuer à nourrir le Congo et de conquérir des marchés africains dans le cadre de la Zlécaf  (Zone de libre-échange continentale africaine).
Le Pool, a rappelé le directeur départemental de l’agriculture, dispose d’une importante diversité de productions: manioc, maïs, banane plantain, patate douce, igname, taro, riz et haricot, auxquels s’ajoutent les cultures maraîchères et fruitières. Le département dispose également d’un potentiel dans l’élevage bovin, caprin, porcin et avicole, ainsi que dans la pisciculture. Il peut devenir un département «où les agriculteurs gagneraient davantage, où les jeunes pourraient trouver dans la terre une perspective professionnelle et où les femmes prendraient pleinement part aux chaînes de valeurs. Un territoire où les produits seraient davantage transformés localement, où les coopératives seraient mieux structurées et où les producteurs auraient un accès facilité aux équipements, aux intrants, aux financements et aux marchés». Cette ambition passe, selon lui, passe par «la transformation progressive d’une agriculture essentiellement familiale et de subsistance, à une agriculture productive, moderne, organisée, mécanisée, compétitive et créatrice de valeur».
Ces performances restent cependant contrastées. «Les exploitations familiales demeurent généralement de petite taille, avec une superficie moyenne comprise entre 0,5 et 1 hectare, tandis que la population agricole active connaît une régression».

Journée du Pool
La journée départementale du Pool à la Grande foire agricole du Congo sonne comme une date historique pour ce département appelé à reconquérir sa place dans la vie économique du pays, après l’histoire désastreuse des conflits armés qui l’ont ravagé de manière intermittente depuis les années 90 ayant marqué l’entrée du Congo dans la démocratie pluraliste. Beaucoup de cadres auraient pu être présents à cette journée, n’eussent été les événements qui s’imbriquaient, comme l’ouverture, le même jour, du congrès de la D.r.d (Dynamique républicaine pour le développement), parti dirigé par le haut-commissaire Hellot Matson Mampouya. Céleste Exaucé SINDOUSSOULOU(Reporter à Igné. Contact:(+242) 06 641 56 96)

Reportage de Télé-Congo

Reportage des communications par Afritv

Les interventions de N’Silou, Mougany et Matondo, par GrevyWeb Tv 

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