Département de la Nkéni-Alima

Un marin et un gendarme détenus en RD Congo, suite à un incident frontalier
à Makotipoko

Une vive tension s’est emparée de la localité fluviale de Makotipoko, dans le Département de la Nkéni-Alima, frontalière de la localité de Yumbi, en RD Congo, où en 2018, avait éclaté un conflit intercommunautaire opposant les ethnies Batende et Banunu et ayant provoqué l’exode de plus de 4.000 personnes réfugiées à Makotimpoko. Depuis, la présence de l’armée de la RD Congo a été renforcée à Yumbi. Voilà comment un accrochage est survenu, mardi 25 août 2026, entre une patrouille fluviale du Congo-Brazzaville et celle de la RD Congo. Un marin et un maréchal des logis-chef de la gendarmerie nationale ont été interpellés puis conduits, par les forces navales de la RD Congo, à Yumbi où ils seraient humiliés et torturés.

Selon les notes de rédaction de Drush Ngollo, les «manquements présumés quant à la délimitation de la zone de patrouille» seraient à l’origine d’un échange de coups de feu entre les deux patrouilles, provoquant un mort, notamment un adolescent de 15 ans, selon plusieurs témoignages. «Les éléments de nos forces de défense et de sécurité auraient dépassé leur périmètre opérationnel, dans le cadre d’une mission de contrôle de routine. Les pourparlers engagés sur place entre les forces fluviales des deux rives n’ont pas permis de désamorcer le différend. Confrontés à une infériorité numérique et à un déficit d’équipements tactiques, les deux militaires ont été contraints de suivre les forces de l’autre rive», rapporte Drush Ngollo.
Des scènes d’humiliation des deux militaires du Congo-Brazzaville, à Yumbi, en RD Congo.
Toujours selon des témoignages, le marin et le gendarme congolais sont «torturés par les forces de la RD Congo» et «des signes de faiblesse et des blessures sont constatées le long de leur corps».
Au moment où nous publions, il n’y a pas encore de réaction du côté du gouvernement, notamment du Ministère de l’intérieur et de la décentralisation qui a la tutelle de la gestion des frontières. L’opinion publique est profondément indignée par les images des deux militaires congolais, publiées dans les réseaux sociaux depuis Yumbi, comme si en RD Congo, on se donne la liberté de marcher sur les droits de l’homme, sans en craindre la moindre réprobation de la part du Congo voisin.
Les incidents de frontière sont fréquents sur le Fleuve Congo entre les deux pays, qui se soldent parfois par des coups de feu et des morts, en raison de la méconnaissance de la délimitation des frontières. «Cet événement dramatique remet en lumière la récurrence des frictions frontalières le long du Fleuve Congo. Il interpelle directement les hautes autorités compétentes sur l’urgence d’une réponse diplomatique et sécuritaire ferme, afin de clarifier les protocoles de patrouille et de garantir la souveraineté comme la sécurité des populations riveraines», conclut Drush Ngollo dont les notes ont servi à confectionner cet article. Jean-Claude DIATOU

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