En choisissant la démocratie, nous avons reconnu que le pouvoir émane du peuple qui l’exerce par le biais de ses représentants choisis sur la base d’élections libres, transparentes, justes et équitables. Voilà que ce moment arrive chez nous avec l’élection présidentielle de mars 2026 par laquelle les Congolais vont choisir celui d’entre eux qui va présider aux destinées de leur pays pendant les cinq ans à venir.
Sept compatriotes ont décidé de briguer nos suffrages. Il est dit qu’en démocratie, chaque voix compte. Faut-il encore que chaque citoyen électeur en soit conscient. Il apparaît que nombre de compatriotes sont dans la résignation, pensant que leur voix ne changera rien. Ils disent que tout est joué d’avance, que les dés sont pipés et que la véritable leçon à infliger à nos dirigeants, c’est de ne pas accomplir son devoir civique.
Il est clair que notre système électoral a besoin de beaucoup d’améliorations. Le dialogue national a eu lieu. Il a servi beaucoup plus à faire le point du processus électoral qu’à l’améliorer, surtout qu’il s’est tenu à quelques encablures du vote. A chaque scrutin, les mêmes questions resurgissent et on les renvoie à demain. En plein 21ème siècle où le numérique a pris le dessus, l’introduction de la biométrie dans notre système électoral semble relever du mythe de Sisyphe, quelque chose d’irréalisable et même d’absurde. A chaque élection, on la remet à demain. Cela tient beaucoup plus au manque de volonté politique qu’aux moyens.
Ayant choisi la démocratie comme mode de gouvernance et d’organisation de l’Etat, l’amélioration du système électoral est inévitable, car ce que l’homme fait est perfectible, même à travers les générations. C’est l’espoir qu’il faut garder.
Sept candidats se sont lancés dans la course à la magistrature suprême, dans une configuration politique qui donne six opposants contre le sortant. Vue du côté de l’opposition, si elle souhaite réellement l’alternance, la stratégie n’est pas concluante en soi. En plus, les six opposants faisant, chacun, cavalier seul, n’ont pas, individuellement, le poids politique de nature à inquiéter leur adversaire. Dans ces conditions, le souverain primaire peut-il réserver une grande surprise à la Nation? Chaque élection, même contrôlée, peut surprendre; c’est dans sa nature. Mais, il y a peu de chance, dans notre contexte, qu’une telle surprise se réalise. Le sortant, quoiqu’il en soit, a encore beaucoup d’atouts à faire valoir, en dépit de sa longévité au pouvoir. Alors, comme la démocratie a besoin de respiration et non d’immobilisme, il faut souhaiter que l’élu de demain apporte du renouveau dans la gouvernance du pays. Le peuple est las de voir le pays traîner les mêmes maux, alors qu’on peut mieux faire, même avec les acteurs. C’est juste une question de volonté politique, face aux intérêts partisans.
L’HORIZON AFRICAIN




