Un collectif d’organisations de la société civile a exprimé, dans une déclaration publiée à la veille de la célébration de la fête nationale du 15 août, son indignation face à la grève générale qui paralyse actuellement les hôpitaux publics du pays. Sous le leadership de Joe Washington Ebina, ces organisations appellent le Président de la République, le gouvernement et le parlement à faire de la santé une urgence nationale. Ci-après l’intégralité de cette déclaration.

«Au moment où la République du Congo célèbre le 66ème anniversaire de son accession à l’indépendance, nous, organisations de la société civile qui défendons les droits de l’homme et la démocratie, rendons hommage à tous les artisans et bâtisseurs de cet événement qui a fait de notre pays, un État libre et souverain. La date du 15 août demeure un symbole puissant de liberté, de dignité et d’espérance. Cependant, l’indépendance ne constitue pas uniquement un héritage à célébrer fastueusement; elle est également et surtout une responsabilité à assumer en faveur du bien-être de la population et une œuvre à poursuivre pour les générations futures.
En cette date du 15 août 2026, nos organisations dénoncent le manque de priorité accordé aux préoccupations de la population. Au Congo, des familles sont aujourd’hui confrontées à une situation qui ne peut laisser aucun être humain indifférent. Dans la République, des malades cherchent des soins, des familles cherchent un médecin, des parents cherchent un hôpital et certains ne trouvent aucune réponse. Tout cela intervient dans un contexte de grève générale des agents de santé dans plusieurs hôpitaux publics.
Sont notamment concernés, le plus grand hôpital du Congo, le C.h.u (Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville), l’Hôpital Blanche Gomès ainsi que des hôpitaux de référence tels que Talangaï où, le 12 août, un travailleur de l’Anac, Oyandi Hugor, est décédé dans l’enceinte de l’hôpital, dans un contexte marqué par l’absence de médecins. Sont également concernés, les hôpitaux Adolphe-Cissé, Loandjili, Paka de Pointe-Noire et ceux de Dolisie.
Ce n’est pas seulement une administration qui s’arrête: c’est la vie humaine qui est en danger. Étant donné que nos vies commencent et se terminent à l’hôpital, le personnel de santé mérite d’être entendu, de bénéficier de conditions de travail dignes et d’être valorisé. Il mérite également des salaires décents, payés régulièrement.
Nos organisations rappellent que la dignité humaine doit être respectée. Le malade a des droits: le droit à la vie; le droit à des soins de qualité accessibles à tous et le droit de ne pas mourir faute de prise en charge.
Les organisations de la société civile posent une seule question: quelle priorité voulons-nous donner à la vie humaine en République du Congo? Nous constatons que le gouvernement mobilise d’importants moyens financiers pour organiser des cérémonies fastueuses, des manifestations publiques et des défilés civils et militaires à des coûts exorbitants. Alors qu’un défilé peut être reporté, une cérémonie peut être réduite et une dépense peut être différée, une vie humaine perdue, elle, ne peut être rattrapée.
Les organisations de la société civile lancent un appel au Président de la République, au gouvernement, au parlement, aux autorités sanitaires et à toutes les forces vives de la Nation congolaise. Faites de la santé une urgence nationale. Que les négociations commencent au plus vite. Que des solutions soient trouvées. Que les hôpitaux fonctionnent. Que les médecins et les infirmiers soient respectés. Que les malades soient pris en charge. Et surtout, que personne ne soit condamné à mourir chez lui simplement parce qu’il n’a pas trouvé un hôpital en fonctionnement capable de le recevoir. Oui, c’est un combat pour la vie. Notre revendication est humaine».

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