Au-delà d’être un projet de société, «l’accélération de la marche vers le développement» est, en réalité, une nécessité nationale, tant il est vrai que notre pays, le Congo, accuse d’un retard bien réel en matière de développement, comparé à certains pays africains qui ont fait des bonds en avant, surtout en matière d’infrastructures. Ce n’est pas la vision politique qui a fait défaut. Mais, bien sûr, la gouvernance, comme tout le monde le remarque d’ailleurs depuis les années 2000.
La gouvernance, c’est-à-dire, la façon de gérer le bien public national, est corrodée par trop de défauts au point d’être un frein au développement national. Ceux qui gèrent le bien public s’enrichissent, au plan personnel, alors que le pays qu’ils ont la responsabilité de gérer s’appauvrit sous le poids des dettes. Pourtant, la responsabilité politique est de corriger la tendance et tous les instruments juridiques ont été mis en place pour cela. Sauf que l’application ne suit pas.
Pour ne prendre que l’exemple des instruments de lutte contre la corruption, s’ils étaient appliqués, le Congo serait aujourd’hui un pays exemplaire en matière de gouvernance. Comme ils ne sont pas appliqués, pour protéger les intérêts particuliers, c’est le pays qui se retrouve être la risée des productions populaires des réseaux sociaux. L’un des défauts de notre gouvernance, c’est de laisser certains acteurs politico-administratifs aux mêmes postes sur deux voire trois mandats de cinq ans, au point que les administrations publiques qu’ils dirigent sont devenues comme des propriétés privées. Dans de telles conditions, l’accélération de la marche ne peut qu’être une vaine option politique, car elle est vite reconvertie en slogan.
On ne pourra jamais accélérer la marche vers le développement si on ne fait pas de la gestion axée sur les résultats une culture pratique de gouvernance dans notre pays. Même dans les domaines comme le sport, la culture, le tourisme, on traîne à faire des résultats probants devant nos compatriotes africains. De là à parler d’industrialisation…
On gouverne avec les statistiques et non avec les discours glorifiants à l’égard du chef. Un mandat de cinq ans passe vite. Quand, au bout de deux ans au plus tard, un gouvernant tarde à donner de bons résultats dans son domaine, il devrait être muté ou même remercié. Les records de longévité gouvernementale devraient se justifier par les résultats et non par le discours politique lénifiant. Bien sûr, un parti politique a besoin de tous ses acteurs pour les combats démocratiques de conquête et de conservation du pouvoir. Mais, la base légitime de conservation du pouvoir demeurera toujours le bilan reconnu par le peuple. Un mandat d’accélération, c’est un mandat de plein travail et de résultats. Il doit forcément être plus que le mandat de la poursuite de la marche.
L’HORIZON AFRICAIN




