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jeu 25 avril 2024 02:24:03
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Journée mondiale de la liberté de presse : Les doléances des journalistes soumises au Premier ministre Collinet Makosso

Le 3 mai de chaque année, l’humanité célèbre la journée de la liberté de la presse. Pour cette année, le thème retenu, c’est: «La liberté de la presse comme moteur de tous les autres droits de l’homme». A Brazzaville, capitale de la République du Congo, la célébration de cette journée a eu lieu dans la soirée, à l’Hôtel Elbo suites, sous le patronage du Premier ministre chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso, en présence du ministre de la communication et des médias, Thierry Moungalla, du vice-président du C.s.l.c (Conseil supérieur de la liberté de communication), Jean-Pierre Goma, du coordonnateur-résident du système des Nations unies, Chris Mburu, de la représentante de l’Unesco, Mme Fatoumata Maréga, des hauts-conseillers, des responsables des associations des professionnels des médias et des journalistes.

C’était une cérémonie de rescousse, peut-on dire. La grande célébration prévue par le C.s.l.c au Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza et à laquelle beaucoup de personnalités, dont des membres du gouvernement, des responsables des institutions nationales et des diplomates, étaient invitées ayant connu un report puis une annulation, pour des raisons que l’institution n’a pas fait connaître. Les professionnels de l’information et de la communication avaient donc bondi sur l’opportunité de se retrouver à Elbo suites, grâce au soutien du Premier ministre. Ils étaient heureux de pouvoir célébrer leur journée du 3 mai à la date échue, comme le recommande l’Unesco. Malheureusement, beaucoup de journalistes et autres acteurs de la communication étaient absents, l’information n’ayant pas circulé convenablement. Au total, cinq discours ont été prononcés, même si le format dans lequel se tenait cette célébration ne répondait plus à la démarche initiale.

Jean-Pierre Goma.
Jean-Pierre Goma.

Le président du conseil d’administration de l’U.p.p.c (Union professionnelle de la presse congolaise), Jean-Charles Maniongui, a ouvert la série des allocutions. Il a profité de la présence du Premier ministre pour faire un plaidoyer sur la maison de la presse, sur la Rav (Redevance audiovisuelle), et l’amélioration des conditions de travail des journalistes. Il a insisté sur la liberté de la presse, dénonçant les pressions que subissent les journalistes, même dans les médias d’Etat.
Le directeur exécutif de l’association J.e.c (Journalisme et éthique Congo), Arsène Severin Ngouélat, lui a emboité le pas. «La République du Congo a, depuis les années 2000, affiché sa volonté politique de disposer d’une presse libre. Cela est consacré dans les textes comme la Constitution du 25 octobre 2015, dont l’article 25 reconnaît la liberté d’expression. La loi 08-2021, nécessairement à dépoussiérer, précise les conditions dans lesquelles doit s’exercer cette liberté. Les pouvoirs publics peuvent donc satisfaire de cet arsenal juridique dont ils ont doté la presse congolaise. Mais, dans la pratique, la réalité est bien complexe. D’abord, les mêmes institutions ou leurs membres reviennent sous forme de loup pour confisquer la liberté donnée à la presse». «Les pressions, les intimidations et les menaces sont le lot quotidien des journalistes qui font leur travail, ceux-ci refusent d’être des griots. Les médias qui défendent l’équilibre et l’équité sont combattus. Les journalistes et professionnels qui défendent l’exercice responsable et pluriel du métier sont présentés comme des parias», a-t-il ajouté.
Puis, il a évoqué l’aide publique à la presse. «Les pouvoirs publics doivent donc annuellement allouer une aide à la presse. Il s’agit d’une inscription budgétaire distincte qui permettra de donner de l’argent aux médias pour leurs besoins. Notre organisation, le J.e.c, recommande au Premier ministre chef du gouvernement de s’y impliquer personnellement, pour que dès 2024, l’aide à la presse soit enfin budgétisée, à l’instar de plusieurs pays africains qui ne sont pas forcément plus riches que le Congo», a-t-il précisé. «Monsieur le Premier ministre, ce financement n’a rien à avoir avec la Rav (Redevance audiovisuelle), un pactole de centaines de millions de francs Cfa constitué chaque année par des familles congolaises, au travers des factures d’électricité, mais qui n’a jamais été transmis aux médias concernés. Une situation qui n’émeut que seuls les médias. Le gouvernement et le C.s.l.c n’arrivent toujours pas à débloquer la situation. Le J.e.c prie Monsieur le Premier ministre chef du gouvernement, à permettre que la commission sur la Rav reprenne ses travaux au sein de son cabinet, et que cette fois-ci la clé de répartition de cette Rav soit revue, avec la prise en compte des médias privés. Le souhait des Congolais, en donnant 1.000 francs Cfa sur chaque facture d’électricité, c’est de consommer de meilleurs programmes de télévision et de radio, publiques ou privées», a-t-il insisté.
Pour sa part, la représentante de l’Unesco, Fatoumata Maréga, a traduit la disponibilité de son organisation d’accompagner la presse congolaise, afin d’améliorer sa qualité et son contenu. Le vice-président du C.s.l.c, Jean-Pierre Ngoma, a fait quelques rappels sur l’évolution de la journée de la liberté de la presse, depuis la déclaration de Windhoek en Namibie jusqu’à nos jours.
Dans le message gouvernemental, adressé aux Congolais, la veille, 2 mai, le ministre Moungalla a promis d’organiser un forum national de la presse. Ce qui est noble, mais jusqu’aujourd’hui, la corporation attend l’application des 36 recommandations des assises de la presse tenues en octobre 2018. Malheureusement à la soirée, le ministre de la communication n’est plus revenu sur cette proposition, il a évoqué l’importance de la liberté de la presse et les difficultés des journalistes à accomplir leur travail. Il a précisé que ce sont les médias, en tant qu’entreprises, qui doivent d’abord régler les conditions de travail des journalistes.
Enfin, l’intervention tant attendue était celle du Premier ministre Collinet Makosso. Celui-ci s’est exprimé avec son cœur. Il a pris acte des doléances présentées. Il a reconnu les conditions difficiles dans lesquelles travaillent les journalistes, sans oublier les pressions qu’ils subissent. Mais, il leur a demandé de recourir aussi au C.s.l.c ou à la justice, lorsque les faits dont ils sont victimes sont graves. Il a rassuré que la volonté des autorités nationales n’est pas du tout d’empêcher les journalistes de faire leur travail, de restreindre leur liberté.
Le Premier ministre s’est montré aussi rigoureux à l’égard des journalistes en les appelant au respect de leur déontologie, car la tendance est forte d’accuser les autres, sur la base d’un seul son de cloche. Il a relevé le caractère intolérable de la presse qui s’abat comme une meute de loups sur un dirigeant politique, au moindre propos déplacé. Pour lui, la presse est un pouvoir qui peut permettre de réguler l’harmonie de la société. Nous reviendrons sur son importante intervention, dans notre prochaine édition.

Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

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