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mercredi 12 juin 2024 | 23:38
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Coalition congolaise Publiez-ce-que-vous-payez : Publication d’un rapport retentissant sur l’eau courante et l’électricité

Malgré d’incommensurables potentialités naturelles et en dépit d’importants fonds mobilisés par l’État, la fourniture d’eau et d’électricité reste jusqu’ici en deçà des attentes des Congolais. Une étude de la Coalition nationale Publiez-ce-que-vous-payez évoque, entre autres, la sous-exécution des budgets et les disparités dans la tarification.

Quartier Obambi, au Nord de Pointe-Noire. Mme Vaugelle Lembet vient d’arriver du travail. Mais, en cet après après-midi ensoleillé, l’institutrice doit aller chercher de l’eau à un forage privé, situé à quelque 600 mètres de son domicile, alors que la distance recommandée par l’O.m.s est de 200 mètres environ. «Une corvée de plus, mieux un martyre après avoir perdu de l’énergie, en transmettant le savoir à nos tout-petits», regrette la trentenaire. «Tout ça, parce que le quartier n’est pas connecté au réseau de La congolaise des eaux (L.c.d.e)», explique-t-elle.

Deux forages dont celui du projet Eau pour tous hors d’usage au village Mvakala dans la Lékoumou

Pour ne rien arranger… Coupure d’électricité. Au retour du courant, plus de 4 heures après, le téléviseur ne s’allume plus. «Un commutateur a dû cramer, parce que la coupure était brutale», explique le réparateur.
Pourtant, dans la matinée de ce 19 décembre, la Coalition congolaise Publiez-ce-que-vous-payez venait de rendre publique, devant des médias de la place, une étude intitulée: «Rapport de suivi d’investissements publics dans les secteurs de l’énergie et hydraulique».
Selon la coalition, plusieurs Congolais ont maille à partir avec les prestations des sociétés E²c (Énergie électrique du Congo) et L.c.d.e, chargées respectivement de la fourniture d’électricité et d’eau au Congo. Sur les 1.731 abonnés de E²C et 1.080 de la L.c.d.e sondés par la plateforme, dans le cadre de cette étude, 70% d’entre eux sont déçus des conditions d’accès à l’électricité et à l’eau courante.

Des investissements colossaux!
Et les griefs sont légion. «En milieu urbain, les plaintes des populations s’élèvent contre les fréquentes coupures d’électricité, les délestages accrus et le difficile accès à l’eau potable pour une grande partie de la population. Les difficultés de La congolaise des eaux à répondre aux besoins de la population obligent cette dernière à recourir aux forages, entraînant ainsi des dépenses supplémentaires aux ménages qui luttent quotidiennement contre la flambée des prix des denrées. En zone rurale, la situation est plus difficile pour la plupart des villages. La solution d’électrification par générateur préconisée dans les communautés urbaines est confrontée au problème de prise en charge des frais de carburant dans certaines localités qui demeurent dans le noir faute de financement», révèle le rapport.
Pourtant, le gouvernement met en œuvre une multitude de projets. C’est le cas des Projets «Eau pour tous», «Projet eau, électricité et développement urbain (Peedu)», «Projet d’extension en zones périphériques et de renforcement du service public d’eau potable à Brazzaville (Peps)» et programme «Boulevard énergétique 3».
Des programmes à coût de milliards de francs Cfa: «Centrale hydroélectrique d’Imboulou (170 milliards de francs Cfa); Centrale thermique de Brazzaville (24.672.477.843 francs Cfa); Centrale électrique du Congo (568 millions de dollars américains); Centrale à gaz de Djéno (coûts non connus); Barrage hydroélectrique de Liouesso (65 milliards de francs Cfa)», révèle le rapport lu et commenté ce jour-là par Rita Mabyalath, chargée du Programme suivi des investissements publics au sein de la coalition.
Mais pour quel impact? À travers un échantillon de 52 projets (28, du secteur de l’énergie et 24 de l’hydraulique) inscrits dans les exercices budgétaires 2020, 2021 et 2022 du Ministère de l’énergie et de l’hydraulique, la Coalition congolaise constate une réelle sous-exécution des budgets. «La classification des projets selon leur niveau d’exécution montre que sur les 52 projets suivis, 10% seulement sont achevés dont 2% achevés et fonctionnels en partie et 08% achevés et fonctionnels; 02% en cours de réalisation contre 73% non exécutés. En dehors de cette classification, l’information n’a pas été disponible pour 15% de projets», révèle encore le rapport.

Diligence, P.n.d oblige
Le rapport fait également état des pratiques comme les disparités dans la facturation. Par exemple, à Pointe-Noire, le forfait en électricité varie entre 15.000 et 86.000 francs Cfa, alors qu’à Brazzaville, il est compris entre 14.000 et 24.000 francs Cfa. En ce qui concerne l’eau, à Brazzaville le coût est de 7.750 à 12.750 francs Cfa à Brazzaville contre 12.000 à 20.000 francs Cfa à Pointe-Noire.
Cet état de choses découle de plusieurs facteurs relevant de la gouvernance. Le rapport fait, par exemple, état de la non-interpellation d’opérateurs économiques n’ayant pas achevé leurs chantiers, la sous-exécution du budget, le retard dans le décaissement des fonds pour l’exécution des projets et le financement de certains projets hors budgets.
Une situation on ne peut plus intenable à laquelle il faut mettre fin. D’où de nombreuses recommandations lues par Brice Mackosso, secrétaire permanent de C.j.p (Commission justie et paix) et coordonnateur adjoint de la coalition. Parmi ces propositions, on peut retenir: «Diligenter le traitement des dossiers de relance des projets récupérés par l’Agence nationale de l’hydraulique rurale; Programmer la relance les projets de l’Agence nationale de l’énergie rurale à l’abandon; Se prononcer sur sa contribution au projet de foyers ruraux initié par l’Agence nationale de l’énergie rurale; Faire un état des lieux des tuyaux abimées à ciel ouvert et de procéder à leur réparation en vue d’éviter l’infiltration des eaux usées; Harmoniser la tarification de l’électricité en s’appuyant uniquement sur la capacité souscrite par tout abonné, afin de corriger l’injustice sur le coût des forfaits entre Brazzaville et Pointe-Noire».
Voilà qui résonne comme une piqure de rappel aux autorités congolaises lesquelles gagneraient à faire preuve de diligence à deux ans de l’échéance du Programme national de développement (P.n.d 2022-2026).

John NDINGA NGOMA

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